Soit, il ne sera pas le premier à s'imposer de cette manière. En 1986, par exemple, Ivan Lendl avait remporté un tournoi déserté par Mcenroe et Connors, sans avoir à jouer Wilander, Leconte, Noah, Vilas, Nystrom, Becker, Edberg ou Sanchez ... Parmi les membres du top 15, seul Gomez s'était retrouvé sur sa route. Mais comme chacun sait, Gomez n'a battu Lendl que deux fois en 19 rencontres. Il y a pire comme obstacle ... Si l'on demande aujourd'hui à Lendl quelle est sa plus belle victoire en grand chelem, il ne répondra certainement pas Roland Garros 1986. Gageons que Federer, lui, saura placer Roland Garros 2009 très haut dans son estime et dans son coeur. Normal, ça fait des années et des années qu'il attend de s'imposer Porte d'Auteuil. Normal ? Pour un authentique champion, non, mais pour Federer, oui. Il l'a dit à demi-mot au cours du tournoi, battre en finale Rafael Nadal ou battre un joueur de 4è série d'Epinal, pour lui, c'est la même chose. N'attendez pas de Federer qu'il dise après sa victoire, dimanche soir, ceci : "C'est vrai, j'aurai préféré battre Nadal en finale, ma victoire aurait eu plus de valeur ... mais c'est comme ça." On en revient encore et toujours à l'interview de JL Godard accordé à l'Equipe Magazine en juin 2007, dont voici un extrait : "En 1984, Mcenroe voulait battre Lendl. Je ne suis pas sûr que Federer soit habité par ça. Malgré lui, il thésaurise et pense prioritairement à ses château à Dubaï". A chaque époque ses champions. Mais quand est-ce que cette époque Nadal-Federer va prendre fin ? "A la fin, Federer ou Nadal auront toujours raison, déclarait également Godard, C'est révélateur d'un monde où, face au pouvoir, la différence n'a plus beaucoup de place pour s'exprimer". Dommage, Soderling se sera donné du mal presque pour rien.
jeudi 4 juin 2009
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