lundi 8 juin 2009

Le top 10 des meilleurs moments de Roland Garros 2009

(1) L'espagnol Rafael Nadal quittant le court, tête basse et énervé, après sa défaite inattendue contre le suédois Robin Soderling.
(2) Fernando Gonzalez se frottant le derrière sur la trace d'un coup de Soderling qu'il voyait dehors, en signe de désapprobation du travail du corps arbitral. Un geste viril et sauvage. Contesté et contestable. Mais ô combien inattendu et drôle.
(3) Andy Roddick, dépité, désarmé, regardant ses proches pendant le match contre Monfils pour leur signaler qu'il ne voit plus rien et qu'il ne peut plus rien faire pour endiguer la folie de son adversaire, qui réussissait alors tout ce qu'il entreprenait.
(4) Fabrice Santoro rangeant ses raquettes sans consulter son adversaire et l'arbitre à 2 sets à un et 5/3 au 4è set contre lui pour que la partie soit interrompu au lendemain. Quand on joue son 20è Roland Garros, peut-on tout de permettre ?
(5) La phrase de Gaël Monfils après son match contre Roddick : "Moi, quand je participe à un tournoi, c'est pour le gagner".
(6) Amélie Mauresmo jouant et perdant son seul match devant une poignée de spectateurs, à la tombée de la nuit, sur le central. Une apparition aussi discrète que terrible. On a entendu plusieurs fois durant le tournoi la remarque suivante : "Mais Mauresmo, elle n'a pas joué cette année !?" Si, si, si, elle a mal joué mais elle a bien joué ...
(7) Igor Andreev, épuisé, allongé de tout son long sur le court numéro 5 après sa victoire du deuxième tour contre Vassalo-Arguello, en 5 sets et 4h59 de match.
(8) Marat Safin sifflé par le public lors de son match contre Ouanna, alors qu'il ne faisait que de regarder la trace d'une balle qu'il touvait limite. Le public de la Porte d'Auteuil qui, dans le temps, a chéri Connors, Nastase, Noah, Leconte, et Mcenroe, préfère maintenant Ouanna à Safin ... On en reparlera.
(9) Le fou rire entre Verdasco et Amalgro suite aux propos d'une spectatrice espagnole à 5/4 pour Almagro au troisième set. Moments trop rares où l'on s'est rendu compte que, même en plein milieu d'un match, les professionnels peuvent mettre le match entre paranthèses quelques instants pour une cause noble : rire.
(10) Gaël Monfils qui rattrape un smash de Melzer sur un plongeon avant de gagner le point trois coups de raquette plus tard et d'aller taper dans la main de l'autrichien.

Et maintenant, que va-t-il faire ?

Le sacre de Federer à Roland Garros a eu lieu dans une atmosphère d'apocalypse. Il a fait très froid. La pluie n'a quasiment pas cessé du match. Et le vent a anéanti toutes velléités des brushings de rester en place, sauf celui du suisse, qui ne bouge jamais d'un poil pendant un match. Federer a gagné Roland Garros. 10 ans qu'il en rêvait, sans doute. En 1999, il perdait en 4 sets au premier tour sur le Lenglen face à Rafter qui l'avait corrigé par un joli 6-0 lors du 4è set. Il était alors possible, mais difficile, d'envisager que 10 plus tard, le jeune prodige ne serait plus un ancien jeune prodige, mais un monstre sacré du tennis, et même du sport en général. Perfectionniste et jusqu'au-boutiste, mégalomane (le fait d'être champion légitime-t-il un tel comportement quand on n'a pas de charisme ?) et souvent plaintif (il a parlé de sa mononucélose comme s'il avait vécu l'enfer de Corée), Federer est sans doute devenu ce dimanche Porte d'Auteuil le meilleur joueur de l'histoire du tennis. Il ne lui reste plus qu'à devenir le plus grand. Mais ce combat là sera sans doute le plus dur à gagner. L'aura ne s'achète pas. Voici le film du jour.



14h43. La garde républicaine joue quelques morceaux devant un central archi-comble et conquis.

15h05. La plus grande star française vivante avec Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, l'homme qui a pissé dans le lavabo de Jean Serberg, et qui accessoirement, a décontracté le cinéma français avec JLG, prend place dans la tribune présidentielle.


15h29. Federer qui semble avoir peur et qui semble la poudre d'escampette tel Jean Marais devant une foule de jeunes femmes. ça n'est qu'une illusion. Le suisse sera intouchable pendant tout le match, bien aidé par un Soderling totalement en deça de ce qu'il aura montré contre Nadal ou Davydenko. Une match tranquille pour Federer. Une victoire convaicante. C'est son job. Federer n'aura rien fait d'autre pendant ces deux semaines de tournoi que de nous montrer qu'il a bien travaillé durant le printemps.



16h03. L'homme de Rio s'emmerde ferme, tandis que Patrick Bruel est au téléphone. Celui-ci annonce peut-être à Sarkozy qu'il aura le temps d'aller voter UMP avant la fermeture des bureaux de vote.


16h06. Seul moment intéressant du match. L'irruption d'un hurluberlu espagnol sur le court, qui a tenté de mettre un chapeau catalan sur la tête de Federer avant d'être rattrapé par les agents de sécurité ... côté Soderling. Le suédois regarde d'un oeil distant la scène, mais la palme revient au juge de ligne. Soderling aurait pu se faire poignarder qu'il n'aurait pas bougé. Aucun doute la-dessus.



17h08. Le central explose de joie. La joie du public "cache" même d'ailleurs (voir photo ci-dessous, symbolique) la joie du suisse. Il était interdit, pendant ces quinze jours de tennis, de ne pas être pour Federer. Le totalitarisme existe toujours. Face à ces observateurs qui ont, apparemment, tous une vision (uniquement et purement) technicienne du jeu, il n'y avait pas d'alternative possible. Etre techniquement parfait est l'unique condition pour être considéré comme un grand. A mort les poétes, l'imprécision, l'aléatoire, l'incertain et les styles brouillons ! Si ces amateurs de Federer sont cohérents, ils préfèrent Verneuil à Rozier. Arditi à Léaud. Vasarelly à Degas. Wilander à Leconte. Les footballeurs allemands aux footballeurs camerounais. Le petit journal people à Edern-Hallier. Chacun son truc.



17h20. Soderling vient chercher le plateau du finaliste avec une (sa ?) copine.




17h22. Federer qui soulève la coupe des mousquetaires. Lionel Chamoulaud et les profs de maths sont contents. Madame Michu aussi, puisque depuis la défaite de Nadal, elle ne connaissait aucun autre joueur que Federer dans le tableau. N'en demeure pas moins l'une des images les plus durs à regarder et à accepter depuis les images des camps.

18h51. "J'ai toujours cru en mes chances de gagner ici" lance Federer aux journalistes du monde entier, avant de reconnaitre qu'il aura peut être du mal à réaliser sa victoire. Que faire après le grand chelem ? Agassi a réussi à rester au sommet après sa victoire en 99, mais tous les joueurs sont différents. L'histoire ne se répète pas tant que ça. On a pensé à Fellini une fois qu'il avait réalisé "Huit et demi", à Kubrick une fois qu'il avait réalisé "2001, l'odyssée de l'espace", à Antonioni une fois qu'il avait réalisé "Le désert rouge", à Coppola une fois qu'il avait réalisé "Apocalypse now", à Chaplin une fois qu'il avait réalisé "la ruée vers l'or", à Godard une fois qu'il avait réalisé "Pierrot le fou", à Eustache une fois qu'il avait réalisé "la maman et la putain", à Wenders une fois qu'il avait réalisé "Au fil du temps". Que faire après ça ? Qu'y a-t-il derrière le sommet, derrière la montagne ? Une fois qu'on est arrivé en haut, que fait-on ? Premier élément de réponse à Wimbledon ... Ceux qui espèrent que le suisse va maintenant faire un navet sont peu nombreux, mais ils existent.

vendredi 5 juin 2009

"Apportez-moi la tête de Federer !"

Dans un premier temps, on pourrait croire que Federer va enfin gagner Roland Garros, seul grand titre qui lui manque. Dans un second temps, après analyse, on se dit que ça ne sera pas si facile ...


A-t-on le droit de ne pas aimer Federer ? Apparemment non. De Madame Michu à Lionel Chamoulaud en passant par les vedettes de passage en ce vendredi de demi-finales, Valery Giscard d'Estaing, Pierre Richard, Charlotte Gainsbourg, ou encore Thierry Roland, tout le monde s'est levé pour le suisse dans un élan aussi gentiment consensuel que terrifiant. Il n'y a plus de place pour ceux qui ne veulent pas voir le suisse triompher. Pas de place pour les antis. Pas de place pour ceux qui préfèrent les mecs fragiles et instables à ceux qui sont obsédés par la propreté et la perfection. S'en plaindre revient à se plaindre de notre époque. Après une année de crise, le public semble vouloir voir les choses revenir à leur place. Avant la crise, Federer était premier. Et s'il reprenait sa première place ? Les amoureux s'aiment, les voleurs volent, les dénonciateurs dénoncent, Lionel Chamoulaud commente mal, Federer gagne. Bref, tout rentre dans l'ordre. Chaque chose à sa place et chaque place a sa chose. Le public de Roland Garros soutient Federer comme les français revoteront Sarkozy en masse en 2012. Il ne l'aime pas, mais il n'y a rien d'autre. Il n'y a pas d'autre alternative crédible au joug Nadal. Et puis, ça serait sans doute tellement émouvant de voir quelle réaction pourrait avoir un multi-millionaire en apprenant qu'il va gagner un million d'euros de plus ! Vivement dimanche ! Federer est à ranger dans le même panier que les immenses champions tristes à mourir sur un court et en dehors. Il y avait Borg, Wilander et Lendl. Il y a Federer et Nadal.



On pourrait gloser des heures sur la mélancolie que distillerait une victoire de Federer à Paris (seules les carrières ratées sont belles, Federer aura beau gagner Roland, son parcours ne sera jamais du niveau de celui de Mcenroe, que ses éternels échecs à Paris ont rendu presque mythique, voir mythologique, mais cela est aussi dû au fait que Mcenroe ait plus de charisme que Federer) si celui-ci rencontrait dimanche un demi-sel de seconde zone. Or, Roger va jouer Soderling. Robin Soderling. 24 ans. 1,91 m. Aucune deuxième semaine en grand chelem avant ce RG 09. ça jette ! N'allons pas comparer le parcours de Soderling à celui d'un Lewis à Wimbledon 83, d'un Baghdatis en Australie 06, d'un Verkerk à Roland Garros 03, ou d'un Pernfors à Roland Garros 86. Soderling, ça faie un paie qu'on le connait et qu'on le sait capable. Sa gifle de coup droit, son service supersonique, son côté intrépide, font de lui l'adversaire le plus dangereux dont pouvait hériter Federer en finale. Il est fort probable que Roland Garros 2009 ne commence que dimanche, avec le match de la décennie.

Pour la troisième fois, nous avons recueilli la version des faits de "Pronosticator", moins connu sous le nom de J. Picard. Dans un post mis en ligne le 12 avril (voir plus bas) sur ce même site, il annonçait la victoire de Soderling sur Nadal avant même le tirage au sort. Le mec est donc à prendre au sérieux. Il y a quelques heures encore, il annonçait la victoire de Soderling sur Gonzalez. Pour dimanche, il annonce une tuerie et un règlement de compte digne des films de Peckinpah, période "Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia".

Le Crocodile : Federer a gagné le tournoi, c'est plié ...
J. Picard : Je suis ravi que Federer ait battu Del Potro !
Crocodile : Ah ça y est ! Tu soutiens Federer vs Soderling maintenant ?
J. Picard : Pas du tout !!! Mais ça te fait pas plaisir de savoir que c'est Robin qui va faire connaitre à Federer l'échec à Roland pour la 4è fois de suite !
Crocodile : Arrête. Soderling a gagné son dernier match aujourd'hui !
J. Picard : Federer n'a pas l'ombre d'une chance en finale. L'année dernière, c'était une carresse ce qu'il a pris par rapport à ce qu'il va prendre dimanche ! Federer va sortir de la finale totalement abattu. Fusillé. Meurtri. Pas bien.
Crocodile : Il prend Soderling de haut, tu crois ? A l'entendre, il a gagné le tournoi dimanche soir, après la défaite de Nadal.
J. Picard : Oui, et pour lui le plus dur était de battre Del Potro. Il dit qu'il a du respect pour ce qu'a fait Soderling depuis le début du tournoi, mais il ne se rend pas bien compte du niveau du suédois sans doute ... Il a écoeuré Ferrer, a pendu Nadal, a écrasé Davydenko, et a laminé Gonzalez, qui est loin d'être un tocard sur terre. Federer, lui, a eu un Acasuso qui s'est foulé la cheville, un Haas en pré-retraitre, un Mathieu bouleux, et un Monfils convalescent.
Crocodile : Le public va soutenir Federer à fond dimanche !
J. Picard : Noooooooooooooon ! Il a rendu service à tout le monde en écartant Nadal. Et puis, généralement, quand le match fait 6/2 6/1 6/3, tu sais, le public est assez calme ...

Quand le pronostic devient un art ...

Invisible et muet depuis le début du tournoi, "Pronosticator", qui avait prévu un Roland Garros plein de surprises a fait son retour ce matin. Ancien 3/6, "Pronosticator", qui préfère taire sa véritable identité, a livré ce matin au Crocodile, par téléphone, sa vision des demi-finales. Lui qui annonçait Soderling depuis des années et des années est bien évidemment aux anges. Et selon lui, on n'est pas au bout de nos surprises ...


P. : Allô !?
C. : Ah bonjour ! Attendez une seconde, je baisse le son du téléviseur. Je suis en train de regarder Krishnan / Nystroem de Wimbledon 1985 en DVD.
P. : Bon match. Bon choix.
C. : Bravo d'avoir prédit que Nadal ne ferait rien de bon cette année.
P. : C'était tellement simple à prévoir ...
C. : Cet après-midi, il y a une demi-finale indécise et une autre qui l'est un peu moins ...
P. : Bon, je vais vous dire ... Ok, entre Soderling et Gonzalez, c'est du 50-50. Mais si Soderling passe des premières, ça va saigner. Robin n'est plus qu'à 6 sets du titre. Et 6 sets avec Robin, ça peut aller très très vite. 1h30. Peut-être 2 heures.
C. : Et Del Potro contre Federer.
P. : Le match est sans intérêt. C'est évidemment Del Potro qui va gagner. Il va charcuter Federer, le détruire. Ah ah ah, ça va être drôle.
C. : Soderling va faire une Verkerk ?
P. : Pas tout à fait, car il va battre Del Potro en finale !
C. : Difficile à croire tout de même ...


P. : Et mousse, t'es en train de talker à un mec qu'a prévu que Soderling allait casser la baraque avant même le tirage au sort ! Right ? Faut être solide, petit. Que vas-tu dire lorsque Federer va perdre au deuxième tour de Wimbledon contre Kendrick, lorsque Nadal perdra au 3è tour contre Karlovic, et lorsque Djokovic se fera étriller en 8è de finale par Ancic ? Ce que l'on vit là, à Roland, n'est qu'une petite révolte comparée à la révolution que l'on va vivre à Wimbledon.
C. : Si Federer perd contre Del Potro, moralement, ça va être très dur pour lui.
P. : J'ai peur qu'il ne s'en remette jamais ... effectivement, ça pourrait sonner le glas de ce brave joueur suisse, qui est efficace, pas mauvais, mais vraiment laborieux parfois. Faire 5 sets contre Haas, vraiment ! Et tout le monde se pâme ! Même Guccione lui aurait mis 3 sets !
C. : Et le tournoi féminin ?
P. : Je ne sais même pas qui est en finale ! Je n'ai pas suivi ... Ce qui est bien en deuxième semaine, c'est qu'on peut faire une pause avec Roland Garros un jour sur deux et travailler tranquille ...

jeudi 4 juin 2009

Le zèbre



La tenue de Del Potro, très sexe et très originale pour un joueur de tennis, n'a soulevé aucun débat, n'a suscité aucune discussion enflammée. Il est pourtant très rare de voir un joueur arborer un tea-shirt à rayures. Entre "Querelle" de Fassbinder, une pub de Jean-Paul Gauthier, et "Ossessione" de Luchino Visconti, JMDP se situe pourtant là où aucun autre joueur de tennis n'avait osé se rendre ces derniers temps, entre virilité brutale et homosexualité de demi-sel. Entre Alberto Mancini et Jacob Hlasek. Entre Lino Ventura et Gérard Vivès, le prof de sport des filles d'à côté.

Pour Wimbledon, où l'on doit jouer en blanc, JMDP a déjà prévu le coup. Voici, en exclusivité, la tenue qu'il portera à Londres, dans quinze jours :

L'opportuniste


Soit, il ne sera pas le premier à s'imposer de cette manière. En 1986, par exemple, Ivan Lendl avait remporté un tournoi déserté par Mcenroe et Connors, sans avoir à jouer Wilander, Leconte, Noah, Vilas, Nystrom, Becker, Edberg ou Sanchez ... Parmi les membres du top 15, seul Gomez s'était retrouvé sur sa route. Mais comme chacun sait, Gomez n'a battu Lendl que deux fois en 19 rencontres. Il y a pire comme obstacle ... Si l'on demande aujourd'hui à Lendl quelle est sa plus belle victoire en grand chelem, il ne répondra certainement pas Roland Garros 1986. Gageons que Federer, lui, saura placer Roland Garros 2009 très haut dans son estime et dans son coeur. Normal, ça fait des années et des années qu'il attend de s'imposer Porte d'Auteuil. Normal ? Pour un authentique champion, non, mais pour Federer, oui. Il l'a dit à demi-mot au cours du tournoi, battre en finale Rafael Nadal ou battre un joueur de 4è série d'Epinal, pour lui, c'est la même chose. N'attendez pas de Federer qu'il dise après sa victoire, dimanche soir, ceci : "C'est vrai, j'aurai préféré battre Nadal en finale, ma victoire aurait eu plus de valeur ... mais c'est comme ça." On en revient encore et toujours à l'interview de JL Godard accordé à l'Equipe Magazine en juin 2007, dont voici un extrait : "En 1984, Mcenroe voulait battre Lendl. Je ne suis pas sûr que Federer soit habité par ça. Malgré lui, il thésaurise et pense prioritairement à ses château à Dubaï". A chaque époque ses champions. Mais quand est-ce que cette époque Nadal-Federer va prendre fin ? "A la fin, Federer ou Nadal auront toujours raison, déclarait également Godard, C'est révélateur d'un monde où, face au pouvoir, la différence n'a plus beaucoup de place pour s'exprimer". Dommage, Soderling se sera donné du mal presque pour rien.

mercredi 3 juin 2009

Sois un homme Monfils !

L'issue du tournoi semble totalement incertaine. Du jamais vu depuis 1997, sans doute. A l'époque, le requin Bruguera était affublé de trois hors-la-loi dont certains ne connaissaient pas l'existence avant le début du tournoi. En l'occurrence, Dewulf, Rafter, et Kuerten. On a pas atteint ce degré de folie en 2009, mais on s'en rapproche. N'oublions pas que nous sortons à peine d'une immense période de concentration des pouvoirs. Qui aurait parié en début de tournoi que Nadal et Djokovic ne seraient pas en deuxième semaine ? Comme en 97, 98 et 99 (pour ce qui est de l'histoire récente du tournoi), il est fort probable qu'il n'y aucun des 4 meilleurs joueurs du monde en demi-finale. Fort probable, car vu le niveau développé par Monfils en 1/8è de finale, et celui de Federer depuis 3 tours, il serait sans doute plus judicieux de pronostiquer le français. Monfils n'est pas du genre à penser à tout cela, mais qu'il sache que s'il bat Federer tout à l'heure, cela mettra bel et bien fin à période irrespirable pour tout le monde, peut-être même à la crise économique :



- Si Monfils bat Federer, RG 2009 sera le premier tournoi du grand chelem depuis RG 2004 où les demi-finales se jouent sans le suisse.
- Si Monfils bat Federer, Andy Murray ne sera plus très loin de Federer au classement.

- Si Monfils bat Federer, le suisse ne gagnera jamais Roland Garros.

- Si Monfils bat Federer, je reprendrai 4 fois de la tarte ce soir.

- Si Monfils bat Federer, j'arrête de fumer.

- Si Monfils bat Federer, Federer prendra un coup énorme au moral (qui réjouira tous ses réfractaires).
- Si Monfils bat Federer, on aura une belle fin de tournoi.
- Si Federer bat Monfils, le tournoi est plié.

L'homme qui tourne le dos au tennis


Laurent Luyas, sur la terrasse de France Télévision. France Télévision qui n'a rien trouvé de mieux que de lui faire tourner le dos au court, et au sport. Tout un symbole. Inutile de préciser que Laurent Luyas se fiche autant du tennis que de savoir où et quand s'est dépucelé l'acteur Bruno Cremer.


L'oeil de Michel Drucker


Entre deux enregistrements de son émission satirique et provocatrice, "vivement dimanche", Michel Drucker est venu voir quelques matches depuis la tribune présidentielle. Nous lui avons demandé quel était son favori pour 2009, ce à quoi il a répondu ceci "Tous les joueurs sont formidables, ils méritent tous de gagner. Ce sont tous d'immenses champions, je les aime tous". Nous lui avons également demandé quel était selon lui le plus grand joueur de tous les temps, ce à quoi il a répondu "Borg, Connors, Mcenroe, Lendl, Wilander, Rosewall, Laver, Santana, Courier, Becker, Edberg, Rios, Rafter, Kafelnikov, Moya, Nadal, Federer, Hewitt, Safin, Sampras, Muster, Agassi, Krajicek, Ivanisevic, Vilas, Orantes, Smith, Nastase, Cash, Leconte, Noah ... Ce sont tous d'immenses champions. Ils sont tous formidables". Merci Michel.

Bien choisir sa place



Mansour Bahrami voulait passer un après-midi tranquille devant les matches. Lire "l'équipe", se mettre les doigts dans le nez, ne pas parler, bref, être peinard. Manque de pot, Guy Forget, le voisin le plus chiant de Roland, est là. Mansour hésite à faire un pas en arrière. Guy ne l'a pas encore vu. Il est encore temps. Parmi les autres voisins chiants de Roland, vous avez Nicolas Sarkozy qui, lorsqu'il était venu pour la dernière fois en 2005, avait envoyé 40 textos en 20 minutes. Elie Kakou, qui sent de plus en plus fort depuis 10 ans. Gilbert Montagné, à qui il faut tout expliquer. Ou encore Patrick Bruel, qui a toujours raison.

mardi 2 juin 2009

Le tournoi n'est pas encore sauvé ...

Tout le monde se sent mieux depuis la défaite de Nadal. Le soulagement provoqué par cette défaite du majorquain a même été comparé à celui qu'a connu le monde après le suicide d'Hitler. Tout le monde revit, il fait bon, il fait beau. Mais il reste encore une petite ombre au tableau. Mister Federer peut gagner le tournoi. Il peut remporter le seul grand chelem qui lui manque sans croiser sur sa route le meilleur joueur du monde ... Le suisse s'en fout, il veut juste gagner. Il l'a redit hier en conférence de presse, il ne cherche pas à battre Nadal, juste à s'imposer. Un champion qui n'a pas l'esprit de revanche est-il un champion ? Peut-on blâmer le comportement du numéro 2 mondial ? Très certainement. John et Jimmy, nos deux amateurs de tennis, n'aiment pas sa personne. Ils iront brûler un cierge pour que Monfils le batte.
John : Monfils n'a jamais aussi bien joué. Roddick a été pris à la gorge du premier au dernier point.
Jimmy : Oui, mais le public a été dur avec Roddick. Ses fautes ont été très applaudies. On ne peut pas être chauvin à ce point là, ce n'est pas humain. Ce qui passe en Coupe Davis ne passe pas forcément en grand chelem.
John : J'aimerai tout de même que le public ait le même comportement demain lorsque Monfils jouera Federer.
Jimmy : Je le vois venir le suisse. S'il gagne, il va se la péter encore plus alors qu'il n'aura pas battu Nadal. Il ne le battra jamais à Roland Garros, d'ailleurs !
John : Il veut juste gagner, on l'a dit et redit.
Jimmy : En même temps, ce n'est pas de sa faute si Nadal a perdu !
John : Ce serait bien que Monfils le bouffe, comme ça on n'en parle plus !
Jimmy : Le parisien a vraiment les moyens de lui faire passer un mauvais moment. Il sert à merveille. Il défend et attaque bien. Il varie à chaque point. Contre Roddick, on l'a vu faire un nombre incalculable d'amorties ! Et avec sa gestuelle issue du basket et des combats de rue, il arrive parfaitement à se mettre le public dans sa poche. C'est un scandale que Federer arrive à en faire de même, alors qu'il n'est absolument pas généreux. Le stade serait vide, il ne s'en rendrait même pas compte !
John : Si Federer perd en 1/4 de finale, on pourra vraiment dire que ce tournoi marque la fin d'une époque ...
Jimmy : Ou que c'est le début d'une autre époque ... Un retour aux sources.
John : On aurait aussi enfin un Wimbledon où 10 mecs se sentiraient capables de s'imposer.

lundi 1 juin 2009

Dans les loges

Conversation (fictive) entre le figurant de cinéma Jean-Pierre Castaldi et lui-même :




Jean-Pierre Castladi : "La porte 13 ? Derrière le court numéro 3 ? Dans le centre de presse ? Dans les chiottes de la cantine des ramasseurs de balle ? ... mmmmm ... voyons .... où est-ce que je pourrai aller me taper une queue sur Safina tranquillement ? ..."

dimanche 31 mai 2009

Délivrés du mal

Roland Garros a retrouvé sa vista habituelle, celle des surprises. Par prudence, nous avions - comme beaucoup - donné Nadal tranquille vainqueur cette année. Mais le temps a toujours eu raison des séries. Le vilain fils de concierge s'est fait violemment frappé par son seul ennemi sur le circuit, qui est aussi le seul suédois dans le top 100, Robin Soderling. Soderling, c'est un gros coup droit, un gros service, mais aussi et surtout une petite haine de Nadal et de tout ce qu'il dégage. En 2007, à Wimbledon, Soderling avait osé singer le patron, en se gratant le cul comme lui entre deux points. Nadal n'avait pas apprécié. Ou plutôt, il avait été décontenancé. Personne n'avait osé, avant Soderling, se foutre de sa gueule. Ce dimanche, Soderling a fait pire. Il a mis fin à une époque, à un joug. Quoi qu'il arrive pour l'espagnol après ce match, il marquera la fin d'une période. Soderling / Nadal est à placer au rayon de ces matches bornes qui reconfigurent toute une hiérarchie, qui redistribue les cartes différemment. Nadal ne fera plus jamais autant peur à Roland Garros. C'est terminé. Mcenroe a vécu la même chose après avoir perdu Curren à Wimbledon 1985, Lendl après avoir perdu Svensson à Roland Garros 1988, Courier après avoir perdu Bruguera à Roland Garros 1993, etc etc ...
Mis à part aux femmes mariés, aux ramasseurs de balles, aux jeunes libéraux et aux journalistes de RTL , d'Europe et de Radio France (qui sont très emmerdés, car il ne connaissent que Nadal, Djokovic et Federer, étant donné qu'ils ne bougent jamais leur cul du central), la défaite de Nadal a ravi tout le monde. Il y a des jours comme ça, qui sont plus beaux que d'autres. L'évènement donne envie de se faire une côte de boeuf au barbecue, d'écouter Bohemian Rhapsody de queen, de revoir un De Broca avec Belmondo des 60's, ou de repeindre sa chambre. Nadal a perdu, bordel ! ça fait combien de temps que les amateurs, les vrais, attendaient cela ? 3 ans, au moins ! Nadal a perdu contre son seul ennemi sur le circuit et cette défaite est aussi belle que brutale. Nous allons faire de beau rêve. Roland Garros redevient une terre de surprise. Roland Garros redevient du tennis. Le tennis redevient une science inexacte. Comme avant. Merci Robin.

samedi 30 mai 2009

Du lard ou du cochon ?

John et Jimmy se rendent à Roland Garros, en ce samedi matin, pour aller assister à la fin du troisième tour, qui s'annonce alléchante. Ils reviennent sur les matches de vendredi et livrent leur pronostic pour la journée de samedi. Mais lorsqu'ils évoquent Nadal, on ne sait jamais si c'est du lard ou du cochon ...

John : C'était vraiment bien le match de Nadal contre Hewitt !
Jimmy : Oui, c'était rassurant de voir qu'il est finalement vraiment en forme.
John : Vivement ses prochains matches, qu'on s'en mette plein les yeux.
Jimmy : Il est formidable. Il va battre tous les records.
John : C'est extraordinaire. Techniquement, mentalement, c'est un monstre. C'est génial !
Jimmy : Oui, c'est géant ! Il va gagner le tournoi sans perdre un set, c'est formidable. Moi qui n'aime pas être surpris, je suis rassuré.
John : ça ne nous va pas de dire ça ...
Jimmy : Non, t'as raison. Arrêtons, veux-tu.
John : Seul Davydenko ou Verdasco peuvent lui prendre un set, je pense.
Jimmy : Murray ...
John : Murray a une fausse bonne partie de tableau ! Ce vilain Cilic est capable de foutre le tableau en l'air.
Jimmy : Le bas du tableau est tellement plus beau.
John : Nous sommes samedi. Il fait beau. Il y aura du monde. Souvent, le samedi de la première semaine profite au joueur français. Certes, c'est là que Boetsch avait perdu contre Stich en 95 alors qu'il était le dernier français en course. Mais c'est aussi un samedi après-midi sur le central que Llodra a battu Bolelli en sortant un gros tennis d'attaque en 08, que Mathieu a mené la vie dure à Nadal, ou encore que Leconte a charcuté Stich en 92.
Jimmy : J'ai toujours senti un truc avec le public du samedi !
John : C'est le meilleur. Il a fait une petite grâce matinée avant de venir. Il sort après. Il est heureux.
Jimmy : ça peut profiter à Mathieu ça !?
John : Federer est très mal. S'il perd ce soir, il va passer troisième. Et il sera donc tête de série numéro 3 à Wimbledon, car les anglais laisseront Murray deuxième pour lui éviter Nadal en demi. Ainsi, si Federer perd tout à l'heure, il aura peut-être Nadal sur sa route à Wimbledon dès les demi-finale. Et s'il perd encore ce match là, il passera peut-être 4è mondial. Là, il sera alors dans un engrenage infernal qui lui sera difficile de stopper. On en n'est pas encore là quand même. Mathieu n'arrive jamais à rien contre les bons ...
Jimmy : Il pourrait peut-être user Federer avec un petit match de 5h40 pour que Chardy puisse le cueillir comme une pomme en 8è.
John : Joli plan ! Et qu'est-ce que tu nous prévois pour Tsonga ?
Jimmy : Qu'il peut sauver le tournoi. Il va faire beau et chaud. C'est à lui de saisir sa chance.
John : Tu crois en une demi-finale Tsonga - Monfils ?
Jimmy : Il faut y croire. Il en va de la survie du tournoi.
John : Pourquoi ?
Jimmy : Tu comprendras s'il y a une nouvelle finale Nadal / Federer cette année.

jeudi 28 mai 2009

Il était une fois sur le Lenglen

Pendant que Monfils endormait tous les spectateurs du central, Tsonga et Monaco électrisaient les spectateurs du court Suzanne Lenglen lors d'un match spectaculaire et constamment tendu. Il y a 7 français au troisième tour (on n'est pas loin des 8 français en 1/16è de finale de 1971), Tsonga, Monfils, Chardy, Mathieu, Gicquel, Ouanna, et Simon, mais on n'en voit qu'un ... Chez les dames, il n'y a plus de Rezaï et Razanno. Pour ces dames, la cuvée 2009 est à oublier. Voici le film du jour ...

11h15. Andreev débute son match contre Vassalo-Arguello sur le court numéro 5.



13h27. Simone Bolelli semble appeler au secours mais il finira par mourir noyé par la malice de Jérémy Chardy. Personne ne parle du palois pour l'instant. Jouant ses matches à l'abri du tapage et des regards, Chardy fonce tout de même tout droit sur Federer, qu'il devrait jouer en 1/8è de finale.

15h14. Après 4h59 d'un match intense, Andreev vient à bout de Vassalo-Arguello et ... s'effondre de joie, de fatigue, et d'épuisement. Disputé entre puristes, le match a atteint des sommets de violence. Les deux joueurs se sont livrés un terrible concours de lift, chacun s'évertuant à faire reculer l'autre. Les lifts étaient tels que l'on pouvait suivre le match depuis la rue, par dessus les grillages du stade. Il s'agit, pour l'heure, de l'un des plus beaux matches de l'édition 2009.

16h14. Dans la tribune présidentielle, où Raymond Domenech était l'invité de Jean Gachassin, on se passionne pour le match de Federer contre Acasuso.


19h14. Tsonga et Monaco régalent le public du court Suzanne Lenglen. Sur le court le plus lumineux du stade, les deux joueurs nous rejoue certaines scènes de meilleurs films de Sergio Leone. On se défie du regard, on refuse de mourir, on ne s'écarte pas d'un pouce de la tactique que l'on s'est fixé. Tsonga pratique un tennis champagne invraisemblable, fait d'attaques impromptues, de coups de toucher, et de sacoches en fond de court. Monaco, lui, fait tout pour empêcher Tsonga d'avancer et de prendre à la gorge. A Tsonga de profiter du bon tableau qui s'offre à lui. Il va affronter Christophe Rochus, l'homme qui a sorti Santoro et Clément. En conférence de presse, lorsqu'une journaliste belge a demandé à Tsonga ce que cela lui faisait de jouer le "specialiste" des français, Jo a répondu : "Eh bien on verra bien ... parce que moi je suis le spécialiste des belges". Affaire à suivre samedi.