jeudi 21 mai 2009

Le film du jour

Un vent chaud souffle sur les qualifs. Le malicieux indien Devvarman, l'émouvant algérien Ouahab et le gigantesque serbe Bozoljac (photo) se sont tous les trois qualifiés pour le tour qualificatif, qui se jouera vendredi.

Les faits marquants du jour :

I. Bozoljac (Serbie) b. J. Sirianni (Australie) 6/7 6/3 6/4

L. Ouahab (Algérie) b. N. Mahut (France) 6/4 7/6

S. Devvarman (Inde) b. A. Bogdanovic (G.B) 6/2 6/7 6/4


11h34. "Tu as vu comme il joue bien !?" dit un père à son jeune fils. "Putain de merde ! Il est vraiment extraordinaire ce mec !" entend-on là. "Oh là là, la trampe qu'il va coller à Nadal !!!" déclare un hurluberlu ici. Dans les petits gradins du court numéro 14, les spectacteurs sont tous ébahis et séduits par le grand serbe, son allure, ses coups à deux mains des deux côtés, et son caractère sanguin. Passé chez le coiffeur après son premier tour pour se faire raser la couanne, Bozoljac a gratifié le public de quelques jolis coups de colère, notamment lorsque son adversaire, l'australien Sirianni (le seul australien qui a un nom d'Italien et qui, de profil, ressemble à Maximilian Schell en 1964) s'est mis à sortir quelques jolis passings croisés de coup droit en bout de course. Quand Bozoljac crie et jure, il le fait avec des mots inventés sur le moment, "Glutch", "Iatch" ou encore "Houtche". Impossible ainsi d'écoper d'une amende, même si l'on devine que cela signifie quelque chose du genre : "enculé de ta mère", "pouffiasse de tes morts", ou "je te fume ta race enculé de tes putes".



13h02. Ilia Bozoljac, largement meilleur que son adversaire du jour, largement meilleur que tout le monde d'ailleurs, n'a qu'un ennemi : ses nerfs. Federer et Nadal n'ont pas encore évoqué le sujet, mais il est vraisembable qu'ils iront brûler un cierge à l'Eglise Saint-Eustache vendredi matin pour que le tirage au sort leur épargne "Bozo".

14h31. C'est la crise pour tout le monde. Cette année, pour se faire un peu de blé, Laurent Fignon brosse les lignes entre deux matches.

14h31. Pendant ce temps, au musée d'Orsay.



15h36. ça change des espagnols et des argentins qu'on commence à avoir assez vu ! Quelques instants après la qualification de Lamine Ouahab (les pommettes épaisses, les traits de visage d'un clown triste, le pas lent entre les points, comme s'il était sur un chantier un jour de canicule), c'est l'indien Somdev Devvarman (ces 40 dernières années, le tennis indien a livré quelques purs esthètes, de Armritraj à Paes en passant par le terrifiant Krishnan) qui gagne son billet pour le troisième tour. Devvarman (né en 1985 à Assam mais éduqué au tennis aux Etats-Unis), c'est la malice, la finesse, le toucher. Devvarman, c'est aussi une bonne gueule attachante et une touche qui n'est pas sans rappeler le héros du "livre de la jungle", Mowgli. La symbiose entre l'indien et le personnage fictif est totale (c'est à peine si on n'est pas surpris de ne pas le voir jouer à poil). Devvarman, c'est le jeune filou débrouillard souriant et démerde qui court partout et qu'on est prêt à suivre à l'autre bout du monde pour vivre comme dans un film de Michael Curtiz. Une sorte de super héros poétique et inconscient de son potentiel.

1 commentaire:

  1. JE T AIME PJ le Crocodile

    signée NBCA une admiratrice secrète :-)

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