Il y avait foule aujourd'hui au stade Roland Garros pour assister au coup d'envoi des qualifs féminines et au deuxième tour des qualifs du tableau messieurs. Mais sous un soleil enfin radieux (ces 12 derniers mois, il n'y avait eu que 7 jours de soleil à Paris), les français n'ont pas forcément brillé. Ascione et Montcourt joueront le troisième tour. Mais c'est fini pour Prodon et Roger-Vasselin.
Les faits marquants du jour :
T. Alves (Brésil) b. E. Roger-Vasselin 7/5 3/6 6/3
S. Ventura (Espagne) b. T.H Yang (Taipei) 6/3 6/3
9h57. Court numéro 15. Un ramasseur imperturbable. Nous lui avons sorti les choses (parfois fausses) les plus ignobles et les plus durs à entendre. S'il n'avait pas été tenu de rester droit comme un i et silencieux par le code de conduite des ramasseurs, nul doute qu'il aurait hurlé de douleur à plusieurs reprises. Il a tout entendu : que Godard était finalement au festival de Cannes, que Frederic Beigbeder était de gauche, ou encore que Jean-François Stévenin n'avait jamais maîtrisé le cinéma verbo-décentré. On lui a même fait croire qu'on avait dans notre sacoche le DVD du match du 3è tour de 1984 entre Gildemeister et Sundstrom ! Il n'a pas bougé d'un iota ! Chapeau petit !
12h03. Court numéro 15. Le thermomètre indique 24° mais la russe Puchkova sort les manches longues. Jouera-t-elle en passe montagne à Wimbledon ?
15h43. Court numéro 7. Le brésilien Thiago Alves largue une caisse pendant un revers joué en sautant. Effrayé, un juge de ligne quitte le court en courant.
17h02. Le taiwanais Yang, né en 1991 et annoncé comme une terreur par le quotidien de Roland Garros, et comme l'un des joueurs à suivre durant ces qualifs, se fait battre 6/3 6/3 devant 10 personnes par l'espagnol Ventura sur le court numéro 13.
17h40. Le brésilien Thiago Alves vient à bout du français Edouard Roger-Vasselin, fils du demi-finaliste de l'édition 1983. Alves, c'est l'un de ces éternels figurants du tennis mondial. Un jeune homme de 27 ans qui joue sa survie à chaque grand chelem. Une qualification dans le tableau final est pour lui (comme pour ses paires) synonyme de gros prize money et d'une éventuelle petite et fugace notoriété (si le sort lui réserve un adversaire prestigieux sur un court prestigieux). Vaillant soldat oscillant régulièrement entre la 100è et la 150è place, Alves est d'une extrême nervosité. L'air contamment préoccupé et agacé, il n'hésite pas à lancer des regards noirs aux jeunes qui toussotent lorsqu'il est sur le point de servir, ou aux jeunes femmes qui parlent un peu fort pendant l'échange. Il joue sa vie sur chaque point, Thiago. Il part au front sur chaque coup. Parfois sans arme. Parfois sans moyen de défense. Il est souvent tombé. Cette année, il y avait une petite brèche. Il s'y est engouffré. S'il se qualifie pour le tableau final, vendredi, Nadal aura de quoi trembler. Alves sera prêt à sortir du court en civière. Il est comme ça, Thiago.
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