Les matches du jour :
Chris Guccione (Australie) / Peter Luczak (Australie)
Ilia Bozoljac (Serbie) / Jonathan Dasnières de Veigy (France)
A partir de ce mardi, des dizaines de "sans-grades", anonymes ou anciennes gloires naviguant généralement entre la 100è et la 200è place, vont tenter de décrocher les 28 places qui restent à prendre dans le tableau final.
Le spectateur des qualifs doit avoir beaucoup de qualités. Il doit faire beaucoup d'effort. Mais il est souvent récompensé. Être spectateur des qualifs, ce n'est pas donné à tout le monde. En tout cas, pas aux impatients et à ceux qui manquent d'humilité. Il faut accepter de passer une journée ordinaire, une journée pour rien, sans voir de rencontres de grande qualité ni faire de découvertes. Il faut accepter d'attendre plusieurs heures avant d'éventuellement se retrouver aux abords d'un court où évolue un joueur qui vous tape dans l'oeil, qui vous fait dire "tiens, c'est qui ce mec là avec un jeu pas possible ?". Parfois ce joueur retrouve l'anonymat. Parfois il perce. En jetant un petit coup d'oeil aux résultats passés, on voit que John Mcenroe s'en était extirpé en 1977 alors qu'il était encore totalement inconnu du grand public (c'était 5 semaines avant son premier coup d'éclat, à Wimbledon, où il atteint les demi-finales, en étant là aussi sorti des qualifs). On voit aussi que deux futurs ténors de la terre battue étaient là en 1985, Thomas Muster et Andrei Chesnokov. On voit que Pioline les a joués en 1989, que Champion y est passé en 1990 avant d'accéder au 1/4 de finale. Que Dewulf, le belge, y était également en 1997 avant d'atteindre les demi-finales (un record). Qu'un matin de mai 2004, Baghdatis et Tsonga était convié à 9h du matin pour jouer leur premier tour devant 10 personnes. Qu'en 2005, les spectateurs parisiens curieux découvrirent Novak Djokovic et Stanlislas Wawrinka, un an avant de voir pour la première fois Juan Martin Del Potro.

L'Américain Scoville Jenkins figure parmi les joueurs de corvée de chiottes ce mardi. Il affrontera Sergei Bubka Jr, le fils du célèbre perchiste.
J'avais dit dans ce même blog, l'année dernière, tout le mal que je pensais du fait que les qualifs se jouent désormais sur les courts du Stade Roland Garros, à quelques encablures seulement du central, et parfois même sur les courts qui sont utilisés pour les premiers tours du tournoi. Avant, les qualifs se jouaient ailleurs. Pas très loin, mais ailleurs. A Jean Bouin. Les joueurs des qualifs ne voyaient pas en arrière plan le Central ou le Court Suzanne Lenglen, comme c'est le cas aujourd'hui. Il y avait une sorte de cruauté dans ce dispositif, car les vaincus n'avaient même pas l'honneur de fouler la terre battue du Stade. Mais cette cruauté avait sans doute quelque chose de plus fort. De plus juste. Il y avait vraiment l'idée, le geste, d'une certaine "ascension sociale" pour ceux qui s'en sortaient. L'idée d'une sélection suivie d'un départ pour une autre galère, encore plus dur, encore plus âpre, mais ô combien moins anonyme.
Ce mardi se joue le premier tour des qualifs messieurs. Parmi les joueurs qui seront à surveiller de près , notons l'italien Fabio Fognini, ce beau gosse de 21 ans qui avait mené 5-0 au premier set lors de son match contre Murray à Monte Carlo. Le canadien Frank Dancevic, vainqueur de Nalbandian l'année dernière à Wimbledon et pas du tout à l'aise sur terre battue (ces joueurs là sont toujours intéressant à voir évoluer sur terre). Guillermo Canas, que l'on ne présente plus. L'émotif brésilien Thiago Alves, ce joueur généreux et formidable qui joue parfois en Marcel. Le trash et délirant serbe Ilia Bozoljac, qui va affronter un jeune français au nom à coucher dehors : Jonathan Dasnières de Veigy. Le junior de Taiwan Hua-Tsung Yang. L'Australien Chris Guccione, le patron des serveurs volleyeurs nés, artiste authentique, perdu et fragile, génial et cinglant. Ou encore le fils de Sergei Bubka, tout simplement nommé Sergei Bubka junior.
Merci de nous tenir au courant des qualifs. J'adore ta description de ces illustres inconnus. Continue!
RépondreSupprimerEt jamais tu parles des femmes?! Misogyne, va!
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